Dans la Presse
L'interview politique du lundi
« Tout est prioritaire au Gros-Morne, parce que tout est à faire »
Élu en 2020 sur la liste de Gilbert Couturier, Jonathan Tabar a choisi de tracer désormais sa propre voie. Il se présente aux municipales de 2026 avec la volonté affichée de « réveiller » une commune qu'il juge endormie, sans vision ni dynamisme.
Bio express
- Âge: 38 ans
- Formation: Diplômé d'État infirmier et de Sciences de l'Éducation nationale
- Engagement: Milite depuis l'âge de 17 ans en politique
- Élections 2022: Candidat aux législatives, suppléant de Karine Mousseau aux régionales de 2021
- Collectif: À la tête de l'équipe "Le réveil avec audace", candidat aux municipales 2026
❝ En 2020, vous étiez sur la liste de Gilbert Couturier. Presque six ans plus tard, qu'est-ce qui vous motive à être candidat aux prochaines municipales, notamment contre le maire sortant ?
En 2014 déjà, j'envisageais de me présenter aux élections municipales, mais j'étais que je n'avais pas encore assez de maturité politique. Et à partir de 2017, Gilbert Couturier m'a contacté en me disant qu'il aurait besoin de moi pour son mandat de 2020. Nous avons eu deux entretiens, au cours desquels je lui ai demandé quelle était sa vision du Gros-Morne.
Nous sommes une commune rurale, avec un déficit structurel, un déficit en matière associative, un déficit de population : nous devions être « le centre d'attractivité » des principales communes qui nous sont limitrophes (Sainte-Marie, Saint-Jospeh et Le Robert).
« On ne peut plus être dans le repli sur soi en 2025 ou en 2026. Nous devrions être le centre de la Martinique, la commune phare du centre-bourg. »
❝ Qu'est-ce qui, selon vous, explique ce manque de vision que vous évoquez ?
Il y a un réel manque de vision, un manque de dynamisme. Et puis, j'ai souvent entendu dire : « Au Gros-Morne, on a fait entre Gros-Mornais, pour les Gros-Mornais. » Je suis désolé, mais à l'heure de la mondialisation, nous devrions déjà commencer par nous ouvrir aux autres... On ne peut plus être dans le repli sur soi en 2025 ou en 2026.
La priorité pour moi, ce sera déjà de revoir cette commune rurale. Même si c'est une commune rurale, il faudra investir pour créer un lien social, pour tisser des associations qui auront des équipements sportifs qu'elles pourront réellement utiliser.
❝ Quelles pourraient être les priorités du maire Jonathan Tabar et de son équipe ?
En fait, tout est prioritaire au Gros-Morne, parce que tout est à faire. La priorité pour moi, ce sera déjà de revoir cette commune rurale. Il faut qu'on soit réaliste. Il faut qu'on soit dans le concret.
Ce n'est pas ce qu'il est aujourd'hui : on vend du rêve à la population. Il faudra aller bâtir des infrastructures sportives pour créer un lien social. On va tisser du lien économique. L'on entend beaucoup de personnes parler de l'église, dire qu'ils vont « donner une seconde vie » au Gros-Morne.
« Moi, je dis déjà à la population que c'est un mensonge, parce qu'on n'a pas le premier centime pour acheter le premier sac de ciment pour reconstruire cette église. C'est une réalité. »
❝ Quel type de gouvernance pourriez-vous mettre en place une fois à la tête de la ville ?
Il faudra une gouvernance pragmatique, et non une gouvernance centrée sur un seul homme. On est une équipe municipale où tout le monde doit prendre sa part. Moi, je fais déjà un exercice avec mes colistiers.
« Le contrat de redressement ne suffira pas : il faut une vraie vision pour la commune. »
Mais je doute fort que cela soit suffisant pour développer cette commune. Aujourd'hui, nous sommes sous contrat de redressement Outre-mer (Crom). Cela nous accompagne pour le redressement des finances et pour mettre en place une politique plus saine et plus sereine.
❝ Vous allez critiquer envers l'actuelle mandature. Pourquoi n'avez-vous pas démissionné de cette équipe dont vous partagez aujourd'hui le bilan ?
Il faut qu'on soit réaliste. Il faut qu'on soit dans le concret. Ce n'est pas le rêve qu'il faut vendre à la population. Les écoles de Saint-Joseph sont remplies de Gros-Mornais. Les clubs du Gros-Morne se vident pour aller dans les clubs de Sainte-Marie et de Saint-Joseph. Ça, c'est une réalité.
« C'est l'élu qui incarne une nouvelle direction à sa commune. »
Le premier budget que j'ai voté, c'était en 2021, 2022 ; je savais que les budgets étaient sincères. Aujourd'hui, nous sommes sous contrat de redressement Outre-mer (Crom). Cela nous accompagne pour le redressement des finances et pour mettre en place une politique plus saine et plus sereine.
« Le contrat de redressement ne suffira pas : il faut une vraie vision pour la commune »
— Jonathan Tabar