CARTON ROUGE

Analyse critique de la gestion financière de la commune du Gros-Morne

Basée sur les documents officiels : délibérations du conseil municipal, notes de synthèse, rapports de la Chambre Régionale des Comptes.

Dossiers analysés

3

Pourquoi cette page ?

En tant qu'élu de l'opposition, il est de mon devoir de questionner et d'analyser l'utilisation des deniers publics. Les informations présentées ici sont tirées des débats publics du conseil municipal, des notes de synthèse officielles et des rapports de la Chambre Régionale des Comptes. Chaque citoyen a le droit de savoir comment son argent est dépensé.

Les 3 dossiers sous surveillance

Balayeuse Électrique

Acquisition d'équipement de balayage électrique de la voirie

Montant total

380000 €

Synthèse

Ce projet illustre une tendance préoccupante : l'acquisition d'équipements coûteux sans étude préalable rigoureuse, justifiée par l'argument de la 'modernisation' et facilitée par des subventions qui diluent la perception du coût réel pour le contribuable local.

Incohérences relevées :
Disproportion entre l'investissement et le périmètre d'utilisation

380 000 € pour nettoyer principalement le centre-bourg d'une commune rurale de moins de 10 000 habitants. Ce type d'équipement est habituellement déployé dans des agglomérations majeures (Fort-de-France, Bordeaux, Bruxelles) avec des linéaires de voirie considérablement plus importants.

Question : Quel est le coût au mètre linéaire nettoyé comparé aux méthodes actuelles ?

Priorité d'investissement discutable

Le service technique nécessite 700 000 € de travaux. L'acquisition d'un équipement à 380 000 € sans lieu de stockage adapté interroge sur l'ordre des priorités budgétaires.

Question : Ne fallait-il pas d'abord rénover les infrastructures de stockage avant d'acquérir du matériel coûteux ?

Absence de remplacement de personnel confirmée

Le rapporteur indique que la machine 'ne remplacera pas les 6 agents' mais servira à 'pallier les départs en retraite'. Contradiction : soit la machine remplace du personnel, soit elle s'ajoute aux effectifs existants avec un coût supplémentaire.

Question : Quel est l'impact réel sur la masse salariale à moyen terme ?

Nécessité d'un véhicule de transport supplémentaire

Le rapporteur reconnaît que la machine devra être transportée par remorque pour intervenir dans les quartiers. Ce coût supplémentaire (véhicule tracteur, remorque, carburant, entretien) n'a pas été intégré au plan de financement présenté.

Question : Quel est le coût total réel incluant la logistique de transport ?

Lieu de stockage de l'équipement

Un équipement à 380 000 € nécessite un lieu de stockage sécurisé. Le rapporteur n'a fourni aucune réponse alors que le bâtiment du service technique nécessite lui-même 700 000 € de travaux.

Gravité : elevee

Tropicalisation des batteries

Aucune garantie n'a été apportée sur l'adaptation du matériel au climat tropical martiniquais. Les batteries lithium sont connues pour se dégrader plus rapidement en climat chaud et humide, ce qui pourrait engendrer des coûts de remplacement anticipés.

Gravité : elevee

Diagnostic précis des besoins

Aucun chiffre concret n'a été communiqué sur le coût actuel de la propreté, le linéaire de voirie à nettoyer, ou l'étude comparative coût/bénéfice justifiant cet investissement.

Gravité : elevee

Ces documents sont disponibles sur demande. Contactez-nous pour obtenir une copie.

  • 20260127_note_de_synthese_conseil_municiapl.pdf

    PDF

Ce que nous demandons
  • Exiger la publication de l'étude coût/bénéfice détaillée
  • Demander les spécifications techniques confirmant la tropicalisation
  • Suivre l'utilisation effective de l'équipement (heures de fonctionnement, zones couvertes)
  • Comparer avec le coût des solutions alternatives (renforcement des équipes existantes, location ponctuelle)

Marché Yanm Bwa

Organisation du Marché Yanm Bwa - 9ème édition - 2025

Montant total

108330 €

Synthèse

Le Marché Yanm Bwa illustre parfaitement la dérive des événements municipaux financés quasi-intégralement par l'argent public. Avec un coût de plus de 108 000 € pour 8 heures d'événement, une participation des bénéficiaires directs inférieure à 1%, et aucune évaluation des retombées après 9 éditions, cet événement s'apparente davantage à une distribution de fonds publics qu'à une véritable politique de développement agricole. La question n'est pas de savoir si la valorisation du patrimoine agricole est importante - elle l'est - mais si elle justifie un tel niveau de dépenses sans contrepartie ni évaluation.

Incohérences relevées :
Participation exposants scandaleusement faible

Sur un budget de 108 330 €, les exposants - principaux bénéficiaires commerciaux de l'événement - ne contribuent qu'à hauteur de 1 000 €, soit 0,92% du budget total.

Question : Pourquoi les agriculteurs qui vendent leurs produits et génèrent du chiffre d'affaires ne participent-ils pas davantage au financement de l'événement qui leur profite directement ?

Locations disproportionnées

45 000 € de locations pour une seule journée : 30 000 € pour podium et chapiteaux, 15 000 € pour sonorisation et éclairage. Ces montants sont comparables à des événements de plusieurs jours dans des communes bien plus importantes.

Question : La commune ne pourrait-elle pas investir dans du matériel réutilisable plutôt que de louer chaque année pour des sommes astronomiques ?

Animations excessives

18 000 € pour les animations diverses lors d'un marché agricole dont l'objectif premier est la vente de produits locaux. Ce montant dépasse le budget annuel de plusieurs associations sportives de la commune.

Question : Un marché de valorisation des produits locaux nécessite-t-il vraiment 18 000 € d'animations, ou cela transforme-t-il l'événement en spectacle au détriment de sa vocation agricole ?

Communication coûteuse

10 000 € de frais de communication dont 5 000 € pour la promotion TV. Pour un événement local de 8 heures ciblant principalement les habitants du territoire Nord.

Question : Une promotion TV à 5 000 € est-elle justifiée pour un marché de quartier ? Les réseaux sociaux gratuits et le bouche-à-oreille ne suffisent-ils pas après 8 éditions ?

Dépendance totale aux subventions

83,08% du financement provient de subventions externes (CTM + Cap Nord). La ville ne finance que 16,92% en numéraire. Si ces subventions venaient à diminuer, l'événement serait-il viable ?

Question : Cette dépendance ne fragilise-t-elle pas la pérennité de l'événement et ne révèle-t-elle pas un modèle économique non viable ?

Comparaisons :
Coût vs. subventions aux associations

Le budget du Marché Yanm Bwa (108 330 €) représente plus de 3 fois le budget total des subventions aux associations sportives (16 600 €) et culturelles (17 000 €) de la commune pour toute l'année 2025.

3,2x
Coût vs. dette du Réveil Sportif

Une seule édition du marché coûte 15 fois plus que la dette de 7 198,30 € du Réveil Sportif auprès de la Ligue de Football, dette accumulée depuis 2021 et considérée comme problématique.

15x
Coût cumulé sur 9 éditions

Étude d'impact économique

Aucun chiffre sur les retombées économiques réelles de l'événement n'est présenté. Quel est le chiffre d'affaires généré par les exposants ? Quelles sont les retombées pour les commerces locaux ?

Gravité : elevee

Bilan des éditions précédentes

Après 8 éditions, aucune évaluation chiffrée du rapport coût/bénéfice n'est présentée aux élus. L'événement a-t-il atteint ses objectifs de valorisation du Yanm Bwa ?

Gravité : elevee

Évolution de la production de Yanm Bwa

L'objectif affiché est de sauver une racine 'tendant à disparaître'. Après 9 ans, la production a-t-elle augmenté ? Combien de nouveaux agriculteurs cultivent le Yanm Bwa grâce à cet événement ?

Gravité : elevee

Justification des montants

Aucun appel d'offres ou comparatif de prix n'est mentionné pour les locations à 45 000 € ou les animations à 18 000 €. Ces montants sont-ils compétitifs ?

Gravité : moyenne

Ces documents sont disponibles sur demande. Contactez-nous pour obtenir une copie.

  • 20251028_note_de_synthese_conseil_municipal.pdf

    PDF

Ce que nous demandons
  • Exiger un bilan chiffré des 8 éditions précédentes avant d'approuver la 9ème
  • Demander une étude d'impact économique indépendante
  • Réclamer une participation plus significative des exposants bénéficiaires
  • Interroger les élus sur l'absence d'appels d'offres pour les prestations coûteuses
  • Comparer avec le coût de marchés similaires dans d'autres communes

Vidéoprotection

Synthèse

Le projet de vidéoprotection du Gros-Morne, initié depuis 2017-2018, illustre une gestion calamiteuse des finances publiques. Après 7 ans et des subventions de 84 372 euros déjà perçues (DETR: 72 230 euros, CTM: 12 142 euros), la municipalité présente un nouveau plan de financement de 100 000 euros entièrement à la charge de la ville pour la phase 1, sans jamais clarifier l'utilisation des fonds précédents. La Chambre Régionale des Comptes avait pourtant déclaré ces subventions caduques en 2022, révélant un budget insincère avec un déficit de près de 3 millions d'euros en investissement.

Problèmes majeurs :
Gestion financière opaque
CRITIQUE

84 372 euros de subventions perçues entre 2017-2021 sans traçabilité claire. La CRC a identifié ces sommes comme 'restes à réaliser caduques' dans son avis de novembre 2022. Aucune justification précise fournie sur l'utilisation de ces fonds malgré les questions de l'opposition.

Source : Avis CRC n 2022-0087, page 4

Durée excessive du projet
CRITIQUE

7 à 8 ans depuis les premières études (2017-2018) pour un projet qui n'est toujours pas opérationnel en décembre 2025. Les caméras sont installées mais le CSU n'est pas finalisé et l'arrêté préfectoral d'exploitation n'est pas obtenu.

Source : Débat conseil municipal 16/12/2025

Inflation des coûts
MAJEUR

Le projet initial était estimé à 250 000 euros dans le plan de relance. Il est maintenant évalué à 600 000 euros sur trois phases, soit une augmentation de 140%. La 'nouvelle technologie' invoquée ne justifie pas cette dérive.

Source : Intervention Jonathan Tabar, conseil municipal

Échec de la recherche de cofinancement
MAJEUR

Malgré les promesses du Préfet de l'époque (M. Poufé Lalanne), l'État n'a pas contribué à la phase 1. La ville supporte 100% du coût (100 000 euros). Les partenaires 'n'ont pas joué leur rôle' selon le maire.

Source : Aveu du maire en conseil municipal

Cabinet d'études défaillant
MODÉRÉ

Le cabinet en charge des études initiales a fait des 'amendements de prix' jugés 'pas trop professionnels' par la majorité elle-même. Ces études à 200 000 euros n'ont pas permis de dimensionner correctement le projet.

Source : Déclaration du maire, conseil municipal

Absence de transparence
CRITIQUE

Face aux questions précises de Jonathan Tabar citant le rapport de la CRC, le maire se contente de promettre de 'mettre à disposition les documents' sans répondre sur le fond. Les réponses techniques de M. Utilé contournent systématiquement les aspects financiers.

Source : Verbatim conseil municipal

Contexte budgétaire alarmant
CRITIQUE

La CRC a constaté en 2022 un déficit de 2 898 659,66 euros en section d'investissement, un budget 'insincère', une capacité de désendettement supérieure à 6 ans. Dans ce contexte, engager 100 000 euros supplémentaires sur fonds propres est irresponsable.

Source : Avis CRC n 2022-0087, pages 7-8

Où sont passés les 84 372 euros de subventions DETR et CTM?

Quelles sont les factures justificatives des études à 200 000 euros?

Pourquoi le projet a-t-il dérivé de 250 000 euros à 600 000 euros?

Pourquoi la préfecture n'a-t-elle pas financé malgré les promesses?

Quel est le bilan coût/efficacité de 8 ans d'études pour 3 caméras?

Qui sont les agents 'nominativement désignés' pour accéder au CSU?

Quels élus sont autorisés à visionner les images?

Ces documents sont disponibles sur demande. Contactez-nous pour obtenir une copie.

  • cours_des_comptes_avis_2022-0087_budget_primitif_gros-morne.pdf

    PDF

  • 20251216_note_de_synthèse_conseil_municipal.pdf

    PDF

Ce que nous demandons
  • Audit financier complet

    Exiger un audit indépendant sur l'utilisation des 84 372 euros de subventions et des 200 000 euros d'études

  • Moratoire sur les nouvelles dépenses

    Suspendre le projet tant que la traçabilité des fonds passés n'est pas établie

  • Publication des documents

    Rendre publics tous les marchés, factures et justificatifs liés au projet depuis 2017

  • Évaluation coût/bénéfice

    Démontrer l'utilité réelle de la vidéoprotection avant d'investir 500 000 euros supplémentaires

La transparence est un droit

Chaque citoyen du Gros-Morne a le droit de savoir comment l'argent public est utilisé. Ces analyses sont basées sur des documents officiels et visent à éclairer le débat démocratique.